Critiques du film: Lola
    Lola
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    Lola
    cristal
    Le 22/05/2010
    211 critiques
    Découvert et distribué à un plus large public grâce à "John John", le philippin Brillante Mendoza affiche aujourd'hui une filmographie riche et remplie en trois ans à peine. Après être passé de la farce érotique (l'attachant "Serbis") à l'enfer expérimental (l'insupportable "Kinatay", prix de la mise en scène à Cannes l'an dernier), le voici de retour pour son plus beau film, le combat de deux grands-mères, l'une dont le fils a été assassiné, l'autre dont le fils est le meurtrier. Un film sur l'acceptation du deuil, la soif d'entraide dans la misère sociale la plus totale. Bien qu'il filme dans l'esprit d'un reportage quasi-documentaire, Mendoza n'oublie pas qu'une fiction se doit d'être traversée d'éclats lyriques, en témoigne ce cortège nocturne de barques fantômes ou bien quelques magnifiques images fugaces d'une ville désordonnée. Son film en est entrecoupé, des plans serrés sur le visage d'une grand-mère dont les rides semblent traduire la douleur de la perte ou la puissance d'une scène aussi inoffensive que la découverte de poissons dans un carré d'eau ; quelques parenthèses humaines qui n'ont jamais à voir avec le danger du misérabilisme. La force vitale du cinéma de Mendoza, encore une fois, c'est ce trajet vers l'avant, ce mouvement continu qui forme un but physique, une fuite vers l'espérance comme si l'on traversait un long couloir jonché d'obstacles infimes. Toujours en corps à corps, le cinéaste brave la fébrilité des moyens pour devenir poignant dans sa relation avec les personnages des deux grands-mères (comme ces deux canards qui se retrouveront attachés par les pattes, la tête en bas après avoir essayé d'échapper à leur condition), sincère dans son contact direct au personnage et donc au récit, puisque celui-ci est incarné par les figures féminines qu'il ne quittera pas. Le procédé de 'filature' atteint ses limites lorsqu'il implique de suivre le personnage jusqu'au bout de l'anecdotisme, par exemple à la recherche des toilettes, que l'on vit avec la caméra dans un même élan. L'impression peut devenir vaine, se transformer souvent en une lassitude non-dissimulée, mais il y a assez de forces et de micro-idées pour que le film tienne bon, laissant parfois le goût d'une aventure amère et onirique à la fois, à l'intérieur de son entière vraisemblance. Une quête douloureuse mais essentielle dans son jusqu'au-boutisme et sa défense de l'âme humaine, magnifiée par ses deux formidables actrices.

    Site web:  http://moncinemamesfilmsmonart.blogs.allocine.fr/
    Foxart
    Le 14/06/2010
    82 critiques
    Lola de Brillante Mendoza, c'est un peu comme la Rosetta des frères Dardenne qui aurait pris un méchant coup de vieux. En effet, les deux films sont bourrés de points communs, notamment dans le traitement et le récit.
    La différence majeure venant du fait que les Dardenne, comme chaque fois, usent avec talent de l'art du suspense dans une mise en scène en perpétuel mouvement, assez essouflante, alors que le film de Mendoza privilégie la lenteur, ici imposée par les corps de ces deux femmes très âgées - pour arriver à un suspense tout aussi prenant.

    Lola signifie grand-mère en philippin et il y a deux grand-mères dans le film:
    Chacune explorant les limites de ce qu'elle sera prête à faire comme concession et comme compromis pour y parvenir.

    On est frappé dès la première séquence par la puissance de cette mise en scène des corps face aux évènements et aux éléments en voyant cette pauvre Lola Sepa et son arrière petit-fils braver la tempête pour venir allumer une bougie sur les lieux du crime en hommage à l'enfant assassiné. Cette scène à elle seule une vaut déjà tous les éloges. Voir cette vieille femme, au visage de carton, tenter en vain et à de multiples reprises de craquer l'allumette qui viendra enflammer la bougie, simplement munie d'un petit parapluie pliant se retournant sans cesse pour lutter contre les vents du typhon est le parfait résumé de tout le film.
    La persévérance de la pauvre vieille étonne autant qu'elle force l'admiration.
    Tout au long du film, nous verrons Lola Sepa et - de la même façon - Lola Puring, s'échiner contre le destin afin de permettre à leur famille de survivre et de se reconstruire.
    Ce parcours sera semé d'embuches, mais aussi de couleuvres à avaler et de magouilles à mettre en place afin que la paix et la sérénité soit retrouvées.

    Mendoza, au travers de ce magnifique double portrait de femme, nous offre un panorama assez pathétique de la misère de son pays, mais aussi de la corruption qui le ronge et qui mène autant à sa déliquescence qu'elle lui permet sans doute de survivre, en prenant pour base toute une somme de petits arrangements, avec la famille, avec la morale, avec ses principes, avec la police, la justice, etc...
    Et bien évidemment, précisément ici, avec le seul personnage du film qui est constamment évoqué mais jamais montré, pas même en préambule, en photo ou en flashback, celui du mort lui même, qui sera finalement lui aussi l'objet d'un petit arrangement.

    Mon premier film de Mendoza, mais assurément pas le dernier: Magnifique !


    Site web:  http://foxart4.blogspot.com/
    summerday
    Le 06/05/2010
    164 critiques
    Le problème de ce film c'est qu'il est bien trop long, au moins une demi-heure de trop qui aurait pu être coupée au montage sans problème. Le thème, la réalisation, tout est très intéressant, et on se prend d'affection pour ces deux grands-mères. On voit bien où veut en venir le réalisateur, il ne filme en effet pas que cette histoire particulière mais tout un pan de la vie aux Philippines, le problème c'est que le récit s'éparpille et qu'on lutte sur son fauteuil pour ne pas se lever et partir en plein milieu de séance. La première demi-heure est interminable et on se demande quand les deux vieilles femmes vont enfin se croiser. Dommage car il y a aussi de magnifiques séquences, malheureusement noyées par le reste. Bien sûr on se dit que le rythme est volontairement lent car on suit et on a de la peine pour ces deux femmes, mais bon sang toute la salle gesticulait au bout de quarante minutes...

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