Critiques du film: Sicario
    Sicario
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    Sicario
    le_Bison
    Le 05/11/2015
    157 critiques
    Tabarnak, n’ayant plus de bières de Chambly dans mon frigo, je prends les commandes de mon pick-up, la musique de Céline Dion à fond dans la caisse, et suis la longue courbe du soleil. Jusqu’à ce que la poussière du Texas recouvre le capot. El paso. Denis Villeneuve, habitué à mon salon, s’installe et me demande si je n’ai pas une bouteille de mezcal. Peine perdue, je l’ai finie hier. Viens, allons en acheter une, de l’autre côté. Tu me vois passer la frontière pour Ciudad Juarez ? Une ville où l’on dégaine plus rapidement son flingue que je ne peux décapsuler ma binouze. C’est que je tiens un peu encore à la vie. Il me propose bien Benicio del Toro, en office de garde du corps. Une gueule à faire peur, une gueule à pas broncher son flingue, une gueule écorchée à avoir la rage et la bave. Le gars, j’ignore encore sa motivation, mais je sais une chose c’est que la vengeance est un plat qui se mange froid et que je me ferais bien un chili brûlant.

    Et puis il y a ce brun un brin ténébreux, Josh Brolin en gougounes, agent de la CIA dont j’ignore aussi ses profondes motivations. Il est du genre juste à vouloir tout faire péter, ou juste couper une tête du réseau tentaculaire à ces cartels de la drogue dont la violence n’a d’équivalence que mon envie à décapsuler les bières pour faire passer ce gout de poussière dans ma gorge. Et ce parfum de mort, une odeur tenace de puanteur qui remonte en nausée. Le film m’installe d’entrée dans la région de Phoenix. Je survole la région, magnifique avec la lumière de ce soleil brûlant plombant la terre d’un ocre ressemblant à une poussière d’or, le FBI déploie les grands moyens, investit une maison isolée. Première scène qui dévoile dans les cloisons de la maison, des dizaines de cadavres emballés dans des sacs plastiques. Y’a de quoi gerber mon chili, et je ne prends même pas la peine d’accuser les piments rouges.

    Le soleil se couche dans les ténèbres, envie de faire exploser cette baraque. Mais pour contrecarrer la violence inouï de cette entrée en matière, j’ai besoin d’une ligne… et d’un moment de tendresse en compagnie d’une petite douceur, Emily Blunt qui n’a pas dû changer de tee-shirt et de soutien-gorge depuis au moins une semaine. Côté glamour, elle peut mieux faire, mais elle me décapsule une bière, plus vite que ma dextérité à dégrafer les porte-jarretelles d’une pute mexicaine. Petite femme frêle dans un monde de violence qui semble la dépasser. La poussière de Juarez n’est pas faite pour son cul, cela se sent – et je ne fais pas référence à son hygiène corporelle qui laisse à désirer, la sueur à ce goût acre qui pique la langue mais son goût salé donne envie d’y retourner – mais elle insiste. Elle monte dans le 4×4 noir et blindé, entouré par une horde de policiers plus ou moins véreux, et s’enfile entre les files du poste frontière. Juarez et ses cadavres mutilés et pendus sous les ponts à la vue du peuple et des représailles. Juarez, ville frontalière formidable bidonville où la violence fornique à tout moment au mépris de Dieu et de ses morts.

    Site web:  http://leranchsansnom.free.fr/?p=10129
    LaKinopitheque
    Le 31/01/2016
    63 critiques
    D’une banlieue pavillonnaire sous le soleil blanc de l’Arizona jusqu’aux ténèbres des galeries traversées entre États-Unis et Mexique, par les espaces et la lumière, Denis Villeneuve travaille la métaphore. Le mal est partout et envahissant. Au point même qu’une imagerie macabre vient à peser sur Sicario : des plans insistants et inutilement répétés sur des cadavres retrouvés emballés derrière les murs fragiles d’une villa de narco-trafiquants ou ces corps torturés et amputés pendus à un pont en pleine ville (Seven de Fincher, 1995). Le mal est donc partout, l’action brute et efficace et, le mal par le mal, les moyens mis en œuvre pour lutter contre le crime complètement illégaux. Il en est ainsi, plus on s’approche de la frontière mexicaine, moins la loi a de prise et plus les criminels contaminent par leurs méthodes celles de leurs poursuivants.

    L’agent du FBI Kate Macer (Emily Blunt) est volontaire pour participer à un groupe d’intervention d’élite qui a pour objectif de faire tomber le chef du cartel de la drogue à Juárez, de l’autre côté de la frontière. Cependant, habituée à commander au milieu de ses hommes, sa place n’est plus tout à fait la même dans la brigade spéciale. Dirigée par le parfaitement trouble Matt Graver (Josh Brolin) et le mystérieux et inquiétant Alejandro (Benicio Del Toro), le groupe d’intervention a une fâcheuse tendance à distancer la jeune femme et à constamment la laisser en retrait de l’action (tire-t-elle un seul coup de feu ?). Le territoire est partout celui des loups et la jeune femme, exclue de la meute, est prier de s’en écarter. C’est comme si Villeneuve ou Taylor Sheridan, le scénariste, avaient créer un personnage féminin fort sans jamais lui donner l’occasion de faire la démonstration de cette force, un personnage féminin fort mais retenu et comme ligoté. On ne sait donc plus très bien pourquoi Emily Blunt est là. Et elle non plus. Une vague explication procédurière est signalée (la nécessité de la présence d’un agent du FBI pour pourvoir agir), mais la femme n’est plus qu’une spectatrice assise à nos côtés et finalement, dans la dernière scène, consignée chez elle.

    Site web:  http://www.kinopitheque.net/sicario/
    Delphine
    Le 13/02/2016
    72 critiques
    Denis Villeneuve est un réalisateur (canadien) que je suis de près car souvent il m'a bouleversé et captivé par les films qu'il a fait, rarement très gai mais à la fois prenant et souvent soutenu par des acteurs jouant hors de leur habituel rôle. Je pense notamment à Incendies, Prisoners...Sicario est de cette trempe.
    Il nous immerge dans le cartel de Juarez au Mexique à la frontière des Etats-Unis, une "ciudad" réputée pour être la plus violente (également dans la réalité) contrôlée par les cartels, ravagée par la guerre de la drogue sans oublier la corruption à tous les niveaux.

    Site web:  http://www.cine-toile.com/2016/02/avis-dvd-sicario-de-denis-villeneuve-avec-emily-blunt-benicio-del-toro-josh-brolin/
    olivier.demangeon.5
    Le 25/02/2016
    947 critiques
    « Sicario » est un très bon film. Il nous permet de nous immerger pleinement dans les arcanes de la lutte contre la drogue qui trouve son terrain d’expression entre les Etats-Unis et le Mexique. Les acteurs sont parfaitement habités par leur personnage. On devra prendre parti dans une réflexion simple, la fin justifie t’elle les moyens …

    Site web:  http://wp.me/p5woqV-ZR
    emmasam
    Le 16/07/2017
    0 critique
    Un grand film d'un très grand réalisateur. Au-delà du plaisir qu'offre Sicario au spectateur il avant tout la preuve que c'est l’œuvre d'un grand metteur en scène.

    EcranClaire
    Le 16/02/2016
    26 critiques
    Dès le début, le ton est donné... On nous donne l'étymologie et la signification de « Sicario ». Sicario, en français "sicaire"signifie tueur à gages. Ce titre fait référence aux tueurs opérant pour les cartels d'Amérique centrale et du Sud.

    La première scène m'a fait penser à "Seven" pour la découverte macabre. Tout le film évolue entre action et adrénaline, certains quartiers mexicains et la frontière américano-mexicaine ressemblant à une zone de guerre. Vous ne direz : tout comme les meilleures séries TV du genre "24"... Ceci dit, je crois qu'on est un cran au dessus au niveau violence... Mais c'est surtout un drame humain. Villeneuve nous montre l'emprise du Mal et de la folie sur les gens... Une violence psychologique.

    Je ne veux rien divulguer, mais l’héroïne se fait manipuler... Saura - t- elle rester pure et dure ? Ou se fera - t-elle écraser par ses supérieurs ? Le film dresse un portrait peu flatteur du FBI et de la CIA, institutions prêtes à tout pour tenter d'avoir un semblant de contrôle sur les cartels de la drogue. Villeneuve semble nous dire que parfois, on peut devenir aussi pourri ce que l’on combat. Mais qui sommes-nous pour juger ce qui est juste ou bien ? La démonstration du film n'est pas didactique, le final est triste, désespérant et la fin ouverte... On est donc dans du pur Villeneuve (Incendies, Prisoners).

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    Ce qui distingue aussi "Sicario", c'est Roger Deakins : il offre encore une fois au spectateur une superbe photographie (souvenez -vous de Skyfall). Les ciels du Mexique, le raid en vision nocturne, la poussière dorée par le soleil, une partie de football ... Ça, c'est pour les belles choses, mais nous sommes dans un film de Villeneuse donc on voit de vilaines choses dans "Sicario": cadavres dans des sacs, pendus. Parfois, Villeneuse choisit de suggérer l'horreur ( je pense en particulier à une torture) parfois, et plus rarement il la montre.

    Pendant tout le film on ressent une certaine angoisse. Tout comme l’héroïne, le spectateur ne comprend rien, n'a pas toutes les clés pour être maître de l'histoire. En cela, le scénario est très fort.
    (La suite sur le blog !)

    Site web:  http://www.legenoudeclaire.com/2016/02/16/dvd-sicario-de-denis-villeneuve/
    Ameni
    Le 09/10/2015
    123 critiques
    Et Denis Villeneuve frappa une fois de plus.

    Pourquoi « de plus » ? Heureux que vous demandiez. D’abord, M. Villeneuve a réalisé Polytechnique. C’est très bon, à la Elephant (mais en moins bien quand même). Puis, M. Villeneuve a réalisé Incendies, une tragédie grecque contemporaine forte et puissante. M. Villeneuve fait ensuite Prisoners et impose son thriller comme un des meilleurs du genre. Il y a aussi Enemy, que je n’ai pas vu mais qui a l’air bien (barré) et qui a une affiche fantastique. (Il va de soi que je ne cite ici que les films du monsieur que j’ai vu mais jusque là aucun faux pas). Et enfin, M. Villeneuve fait Sicario. Et là, c’est le drame, comme il sait si bien les faire. Un thriller – comme Prisoners – mais partant dans une direction différente ; policiero-narco-guerro-psychologique. Quoique Sicario est aussi un film de guerre.

    Après… à lire le synopsis, le scénario sent un peu le réchauffé ; la jeune agent du FBI, innocente, pleine d’idéaux qui découvre la dure réalité… bon… Sauf que c’est là qu’intervient le talent d’un réalisateur qui continue de prouver que son contact avec Hollywood ne lui a pas fait perdre sa « patte », son savoir-faire, bref son talent.

    Des films sur la guerre que mène les États-Unis contre les cartels le long de la frontière, il s’en est fait à la pelle. Des très réussis (Traffic), des beaucoup moins réussis-alors-que-tous-les-ingrédients-étaient-là (Cartel). Alors, non Sicario ne renouvelle pas le genre, mais il se trouve tout de même dans le haut du panier.

    On retrouve, comme pour Prisoners, une maîtrise du thriller magistrale, un talent absolu pour l’ambiance, le rythme, les plans (ces plans aériens mon dieu…, cette scène nocturne et ces affrontements souterrains, ce coucher de soleil absorbant les silhouettes, ces… bref.), la photographie (Sicario étant ici l’anti-Prisoners ; on passe du temps pourri et froid au désert). Sicario en bon polar avec plein de violence et de tension dedans, en balance plein les oreilles que ce soit sur les tirs et autres explosions ou sur la musique – excellente – de Jóhann Jóhannsson.


    Ce qui peut passer pour une faiblesse scénaristique – la jeune agente à fond sur la justice et la loi – permet finalement de la mettre dans le même panier que le spectateur ; comme elle, on est maintenu dans le brouillard sur les motivations de ses nouveaux coéquipiers, comme elle on tâtonne, sans que nous soit imposé un quelconque jugement.
    Et même si les scénaristes sont différents, on retrouve finalement exactement la même question que sur Prisoners : la fin justifie-t-elle les moyens ?

    Cependant, cela ne suffit pas, et Denis Villeneuve n’est pas un faiseur de miracles. Malgré sa réalisation efficace et débordante de talent, le scénario reste le point faible. Trop classique, pas assez creusé quant aux personnages (tandis que les acteurs, Emily Blunt et Benicio Del Toro en tête, sont géniaux), il manque trop d’intensité ou d’originalité pour faire de Sicario un des meilleurs films de l’année. Ou même pour en faire un film mémorable. En revanche, il re-re-confirme le grand talent de Denis Villeneuve, assurément – pour moi – un des meilleurs réalisateurs actuels.

    Site web:  https://blogameni.wordpress.com/2015/10/09/sicario-denis-villeneuve/
    potzina
    Le 25/02/2016
    164 critiques
    J'ai découvert le cinéma de Denis Villeneuve lors de la sortie de PRISONERS en 2013 et j'ai adoré le film. Après cela, j'ai vu INCENDIES qui m'a coupée les jambes et fait pleurer comme un bébé. Je suis même allée voir ENEMY en salles alors que ça avait l'air d'être un film hyper bizarre, ce qui est le cas. Récemment, j'ai vu UN 32 AOÛT SUR LA TERRE, le premier long métrage de Villeneuve que j'ai également adoré.

    Tout ça pour vous dire que Denis Villeneuve est un réalisateur dont j'aime beaucoup le travail. Aussi j'avais hâte de découvrir SICARIO en salles et, bien évidement, je l'ai raté. Quand on habite une petite ville de province et que l'on veut voir un film, il faut y aller le jour de sa sortie, sinon on est fichu. Comme j'ai une vie, j'ai poussé des jurons en voyant les horaires de la deuxième semaine d'exploitation (22h ! oui mais bien sûr ! Et la marmotte...)

    Mais je ne vais pas trop me plaindre puisque Cinetrafic a proposé aux participants de DVDtrafic de chroniquer SICARIO à l'occasion de sa sortie en DVD chez Metropolitan FilmExport (depuis le 8 février) et que j'ai été sélectionnée. Danse de la joie - petits cris de souris - hop hop hop !
    Si j'avais autant envie de le voir, outre le fait que ce soit un film de Denis Villeneuve, c'est aussi parce que le film a été présenté à Cannes (qui est quand même un festival de référence n'en déplaise à Gérard Depardieu), il a été nommé aux Oscars, aux BAFTA... et j'en passe. Et puis il y a le casting aussi : Emily Blunt qui ne joue pas que dans de bons films mais qui est tout de même talentueuse, Benicio del Toro (♥) et Josh Brolin (♥♥♥).

    Si SICARIO a quelques défauts flagrants qui m'ont un peu agacée, c'est un très bon film. Pour une fois, je vais commencer par ce qui m'a déplu pour parler plus longuement des points positifs.
    Le film suit l'histoire de Kate, une jeune recrue du FBI, qui est enrôlée par un agent du gouvernement pour lutter contre le trafic de drogue à la frontière entre le Mexique et les USA. L'équipe est menée par deux hommes énigmatiques aux méthodes peu orthodoxes qui vont en faire voir de toutes les couleurs à la jolie Kate.
    Pitch intéressant s'il en est, d'autant que le personnage principal est une femme déterminée, intelligente et efficace dans son travail. Du moins, c'est comme ça que je me la suis représentée après les premières scènes très intenses. Mais le personnage de Kate ne tient pas toutes ses promesses : elle est franchement naïve, limite bécasse par moment, au point qu'on a du mal à croire qu'elle bosse pour le FBI.

    En plus, c'est une caricature de flic : elle est divorcée et bien évidemment, elle n'a aucune vie personnelle. Son vagin est tellement inactif que son collègue finit par s'en inquiéter lors d'une conversation sexiste au possible. La pauvre fille porte le même T-shirt pendant une semaine, a des soutiens-gorges moches et, pois chiche sur le couscous, elle ne s'épile même plus les sourcils. Où va le monde, je vous le demande, si une femme ne s'épile pas les sourcils ?!! Et si je vous dis qu'en plus la donzelle se remet à fumer après deux heures passées en compagnie de ses nouveaux collègues tellement elle stresse, vous vous dites comme moi qu'elle devrait devenir assistante maternelle. Bref. C'est un cliché sur pattes et c'est vraiment très très agaçant.

    Et d'une certaine manière, le personnage n'a pas grande utilité. Sa principale fonction est de permettre un phénomène d'identification de la part des spectateurs qui se sentent aussi paumés, manipulés et candides qu'elle. Certes on suit l'histoire de son point de vue mais ce n'est pas elle qui fait progresser l'intrigue.
    Je fais le même reproche pour le personnage de Josh Brolin qui est sous-exploité. Matt Graver est pourtant un homme intéressant parce que mystérieux, cash et borderline, je ne comprends pas qu'il reste autant au second plan. D'autant que Brolin a un charisme fou et chacune de ses scènes est excellente.

    Le vrai moteur de l'histoire c'est Benicio del Toro qui porte le film sur ses jolies épaules. Et il n'y a pas à dire, il est excellent. Je ne peux pas en dire trop sur le personnage au risque de spoiler et ça serait vraiment dommage. Il n'empêche qu'il est aussi touchant qu'effrayant et Del Toro s'en sort haut la main.

    Mais à mes yeux, ce qui fait la grandeur de SICARIO, c'est le déroulement de l'histoire et la mise en scène. Le film démarre sur les chapeaux de roues, c'est vertigineux. Souvent les films s'ouvrent plutôt tranquillement pour présenter les personnages, ici on débute directement par une scène d'action qui envoie du bois. Ensuite, le film ralentit sa cadence, prend son temps pour à nouveau accélérer le rythme dans une dernière partie scotchante et étourdissante.

    C'est un parti pris intéressant parce qu'il y a trois temps bien définis, toutefois ce qui m'a le plus enthousiasmée c'est le changement de point de vue. Pendant les trois quarts du film, on suit l'histoire selon le point de vue de Kate mais dans la dernière partie, on se retrouve aux côtés d'un autre personnage (je ne vous dirai pas qui, il faudra voir le film). C'est culotté parce que déstabilisant mais ça fonctionne très bien. Mieux encore, ce changement d'angle renforce l'intérêt pour l'histoire. C'est une superbe idée parfaitement maîtrisée par Denis Villeneuve.

    Le cinéaste fait encore une fois des merveilles dans la mise en scène qui assez est différente de ses autres films. Il y a beaucoup de plans larges et des plans en hauteur qui nous permettent de mieux comprendre la situation des personnages. Et le montage est dynamique et moderne sans être brouillon ou épileptique.

    J'ajoute que la BO est une merveille, rien de plus, rien de moins. Signé Jóhann Jóhannsson (oui j'ai fait un copié-collé de son nom), le score colle parfaitement au film. C'est tendu, oppressant, nerveux, noir, intense, violent... C'est un vrai bijou musical et un personnage à part entière.

    Enfin un dernier mot sur l'histoire proprement dite : je l'ai trouvée passionnante. Le scénario est malin et haletant. C'est un très bon polar, bien ficelé et surprenant avec beaucoup de suspense et pas mal de bons rebondissements.
    Les questions morales que pose SICARIO sont intelligentes même si elles ont un goût de déjà-vu. Il n'empêche que vu le sujet, il est toujours bon de se questionner (j'ai trouvé la scène de fin glaçante).

    Malgré ses défauts, SICARIO est un excellent film qui prouve que Denis Villeneuve est un cinéaste de talent qui sait se renouveler sans s'oublier. Une réussite !


    tinalakiller
    Le 10/11/2015
    378 critiques
    Sicario, dont le titre signifie en espagnol « tueur à gages », a été présenté en compétition dans la sélection officielle de la dernière édition du festival de Cannes. On a dit qu’il a pu repartir les mains vides de peur d’accuser le jury de copinage avec l’équipe du film : Jake Gyllenhaal, membre du jury, a travaillé à deux reprises avec Denis Villeneuve; le chef opérateur Roger Deakins a travaillé avec les frères Coen, Présidents du jury, sur No Country for old men; ou encore, pour aller plus loin dans le délire, Xavier Dolan est québécois… Bien avant la sortie de Sicario, je me demandais si on n’était pas en train de raconter n’importe quoi. Je veux dire (et je ne remettais pas en cause la qualité du long-métrage), je ne voyais pas du tout ce film séduire un jury (même si on peut s’attendre à tout effectivement). De plus, pour être franche, je n’étais pas spécialement attirée par ce film : certes, le seul film de Denis Villeneuve que j’ai pu voir (Prisoners) m’a vraiment plu, le casting me plaisait également beaucoup sur le papier mais j’ai généralement du mal avec les films qui parlent de trafics de drogue et tout ça. Ceci dit, les très bonnes critiques à son égard m’ont réellement encouragée à faire le déplacement pour aller le voir. Sicario est un très bon film même si je ne crierais pas non plus au chef-d’oeuvre (je pense à certaines critiques qui me semblent démesurées) et qu’il ne fait pas du tout partie de mon top 10 de l’année. Etant donné que je n’apprécie pas particulièrement ce genre de films, je dois avouer que j’ai tout d’abord passé un très bon moment face à ce thriller intense. Le long-métrage dure deux bonnes heures mais je ne me suis jamais ennuyée : on entre tout de suite dans l’histoire, l’ensemble est très rythmé et captivant, on ne décroche pas les yeux de l’écran une seule seconde et certaines scènes en jettent vraiment. J’ai juste envie de dire : c’est très bien foutu ! Le film est également une pure réussite esthétique, notamment par un splendide travail de lumière et une magnifique photographie. La frontière américano-mexicaine est clairement représenté comme un enfer sale, violent et obscur, à l’image des douteuses affaires qui se trament derrière par certaines personnalités. Le lieu devient ici un personnage à part entière, notamment à travers les plans de paysages vus d’en haut, dans la lignée de True Detective ou du plus récent La Isla Minima. Villeneuve sait vraiment quoi faire de cet espace qui joue un rôle essentiel. J’ai également apprécié la bande-originale, qui contribue à cette atmosphère oppressante. Si la mise en scène est maîtrisée et est clairement le point fort du film, je ne trouve pas l’écriture des personnages toujours réussie : heureusement, leurs interprètes sont bons.
    Je crois que nous sommes tous à peu près d’accord pour saluer l’excellente performance du toujours charismatique Benicio Del Toro qui est clairement au-dessus du lot et qui incarne le personnage le plus intéressant. En revanche, les autres rôles m’ont déçue. Josh Brolin est certes bon, comme très souvent, mais son personnage m’a laissée indifférente. J’ai surtout été déçue par le personnage féminin, incarné par la pourtant très talentueuse Emily Blunt. Cela va paraître fort mais j’ai trouvé ce personnage plutôt raté même si je vois où Villeneuve veut en venir. Kate serait une sorte de représentation du respect de la loi et de la morale et elle respectera jusqu’au bout ses convictions. Sur le papier, il y a quelque chose de très fort et j’aime d’habitude ce genre de personnage, mais là je trouve que les traits de ce personnage font parfois un peu de tort à ce film pourtant très riche. En effet, j’ai trouvé les réactions de Kate assez énervantes, limite peu réalistes. Pour caricaturer, on a parfois l’impression de voir Candy qui découvre le monde des méchants (la meuf est agent du FBI, rappelons-le). De plus, elle est assez passive et n’évolue jamais. Certes, je vois ce que Villeneuve a voulu dire à travers ce personnage : Kate représente parfois les yeux des spectateurs qui découvrent en même temps qu’elle une situation qui la dépasse totalement, c’est-à-dire que la loi officielle n’empêche pas d’autres lois peu morales à s’imposer et que finalement la frontière entre les différents types de lois ne semblent plus avoir de frontière (et là on peut finalement faire un parallèle intéressant avec la frontière physique entre le Mexique et les Etats-Unis). Le propos est fort et fonctionne mais pas le personnage, ce qui est parfois problématique et qui m’a empêchée d’aimer encore plus ce film : Kate passe ainsi pour une fille larguée, on finit par ne plus trop croire qu’elle bosse au FBI, on ne comprend pas non plus qu’elle ne comprenne pas alors que certaines choses sautent aux yeux. De plus, certains traits sont vraiment trop appuyés, du genre elle est maigre, c’est la fiesta avec ses sourcils, ne se lave pas et se remet à fumer : Kate est à bout, c’est bon, message reçu. Cela est vraiment dommage car pour moi, Sicario aurait pu être meilleur mais heureusement que pour contrebalancer, le film possède d’indéniables qualités.

    Site web:  https://tinalakiller.wordpress.com/2015/10/23/sicario/
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